Salzmann, Philipp

De Telabotanica (Français)
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Salzmann, Philipp
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né le 27 février 1781 à Erfurt (Allemagne)
mort le 11 mai 1852 à Montpellier (France)
médecin, botaniste,
entomologiste et maître de langue



Biographie

De nationalité allemande, Philipp Salzmann était médecin, botaniste, entomologiste et maître de langue.

Fils du pasteur Christian-Gotthilf Salzmann (1744-1811), fondateur d’un établissement d’éducation philanthropique en 1784, à Schnepfenthal, près de Gotha, et de Sophie Magdalene Schnell, Philipp Salzmann, reçoit une éducation soignée, dispensée dans la joie et ouverte sur le monde extérieur. De nouvelles disciplines dispensées comme des exercices pratiques, des travaux manuels liés à l’observation de la nature ainsi que les majestueuses forêts de Thuringe lui permettent de découvrir son attrait pour la nature. Dès son plus jeune âge il observe de près les plantes et les insectes.

A 16 ans, en 1797, il quitte l’établissement de son père pour aller à Dessau apprendre le français avec le professeur Olivier ainsi que le jardinage. Il étudie ensuite la médecine à Göttingen (1800-1801), à Vienne (1801-1803), à Halle (1803-1805), à Paris (1807) et Montpellier (1808), où il s’installe et travaille d’abord comme médecin à l’hôpital avant de se consacrer exclusivement aux sciences naturelles jusqu’à sa mort.

Philipp Salzmann était un homme frugal, désintéressé par l’argent et dont la richesse était de pouvoir réaliser son rêve : explorer, observer la nature et en particulier les plantes et les insectes. Il n’a que très peu publié mais beaucoup de ces échantillons, qu’il collectait et mettait en herbier avec grande minutie, ont servi de base à la publication de centaines de nouveaux noms d’espèces. Il a identifié la plupart des plantes qu’il ramassait et leur donnait un nouveau nom lorsqu’il pensait que celles-ci n’avaient pas encore été décrites. Ainsi, même s’il ne les a pas décrites lui-même, un grand nombre de ces noms ont ensuite été repris et publiés par d’autres botanistes comme les illustres Augustin Pyramus De Candolle et George Bentham.

Entre 1820 et 1830, il part explorer le “monde” et voyage d’abord en Corse (1820), puis dans le sud de l’Espagne et à Tanger (1823-1825) et enfin dans l’état de Bahia au Brésil (1827-1830) d’où il ramène un grande quantité d’échantillons en multiples exemplaires.

Il n’y a que très peu d’informations concernant les vingt dernières années de sa vie. Cependant l’étude de ses collections et des quelques manuscrits encore existants de lui suggèrent qu’il avait une correspondance étendue avec les botanistes de son époque et qu’il a dû passer une grande partie de son temps, à classer, identifier et échanger des échantillons. Malheureusement, à son insu, des liasses de manuscrits et notamment de lettres furent utilisées pour allumer les poëles de l’hospice où il a fini ses jours.

La somme de son labeur personnel et l’étude patiente de la flore représentent un riche herbier qu’il lègue à la faculté des Sciences de sa ville d’adoption. Quelques rares exemplaires de ses notes, miraculeusement rescapés de cette destruction ont été pieusement recueillis par M. Jules Lichtenstein, qui hérita également de ses collections entomologiques.

Publications

Philipp Salzmann a très peu publié : quelques listes d’espèces, des récits de voyages et quelques noms d’espèces (e.g. Euphorbia stellulata, Galium barrelieri de Corse) mais ses collectes ont bien évidemment contribués à une meilleure connaissance de la flore des régions qu’il a visité. Il a découvert un grand nombre de plantes nouvelles, notamment au Brésil et au Maroc et beaucoup de ses échantillons ont servi de base (types) à la description et la publication de nouveaux noms d’espèces par d’autres botanistes. Au 29 avril 2014, plus de 2500 échantillons types de Salzmann ont été numérisés dans le cadre du projet Global Plant Initiative (cf. JSTOR)

  • 1808. Verzeichnis südfranzösischer Pflanzen und Insekten, welche, um beigesetzte billige Preise, käuflich zu haben sind bei Philipp Salzmann in Montpellier. en allemand, en ligne sur GoogleBooks
  • 1818. Enumeratio plantarum rariorum, in Gallia australi sponte nascentium, quas in usum Botanicorum legit et exsiccavit Ph. Salzmann 13 p. en latin
  • 1821. Kurze Bemerkungen auf einer botanischen Excursion nach Corsica. Flora oder botanische Zeitung, n°7 : 101-112. en allemand
  • 1823. Botanische Neuigkeiten. Flora oder botanische Zeitung, n°8 : 123-124. en allemand.
  • 1825-1827. Plantae lectae in itinere Hispanico Tingitano. Exsiccata de plus de 200 plantes rares ou nouvelles d'Espagne publié en trois fascicules.
  • 1825. Reisebericht : Bericht über eine botanische Reise nach einem Theile von Spanien, nach Gibraltar und Tanger. Flora oder botanische Zeitung, n°47 : 738-747. en allemand.

Collections

Collections personnelles

Faute de documents d'inventaires précis, il est difficile aujourd'hui d'estimer combien d'échantillons ramassés par Salzmann sont répartis à travers des dizaines d'herbiers en France et dans le monde mais on peut considérer qu'il y en a plusieurs dizaines de milliers.

Description des collections d'herbiers

Salzmann a principalement collecté des échantillons de plantes vasculaires (plantes à fleurs, conifères et fougères) mais il aurait également collecté des mousses, lichens et algues. Une majorité de ses échantillons est conservée dans l'herbier général des phanérogames de l'herbier de Montpellier (MPU) mélangée à des centaines d'autres collections. Il n'est pas rare qu'il y ait parfois plus de trois échantillons par taxon (du moins pour ceux du Brésil) issus de son herbier personnel légué à la faculté des sciences de Montpellier ainsi que des échantillons qu'il avait distribués et qui sont revenus depuis à l'herbier MPU. Par exemple, pour le Brésil, on retrouve des échantillons qui se trouvaient au départ dans les Herbiers G. Blanchet, E.J. Neyraut et Guillon.

Autres herbiers et lieux conservant des échantillons de Salzmann

En Languedoc Roussillon, des échantillons de Salzmann ont été récensés dans les collections suivantes (cf. Tela Botanica):

  • Alguier général de l’Ecole d’Agriculture de Montpellier (MPA)
  • Augustin (Frère) : Herbier
  • Bedos Antonin : herbier
  • Bryothèque générale (MPU)
  • Cabanès Gustave : Herbiers des plantes cultivées
  • Herbier général des ptéridophytes (MPU)
  • Herbier général des Lichens(MPU)
  • Herbier général des algues (MPU)
  • Herbier Grégoire
  • Lichens, collection anonyme
  • Maire René : herbier phanérogames
  • Mycothèque de champignons phytopathogènes indéterminés (MPA)
  • Vichet Jean de : Herbier de Ptéridophytes, Bryophytes, Algues et Champignons

Les autres grandes institutions possédant des échantillons de Salzmann (cf. Index of botanists de Harvard): AL, AWH, B (détruit en bonne partie), BR, CGE, E, FI, G, GOET, H, HAL, K, KIEL, LE, LZ, MO, MW, NCY, NEU, NY, OXF, P, PRC, R, W, K, NY, PRC, US

Lieux de collectes / Expéditions

  • France : principalement dans le sud pendant toute la période où il a vécu à Montpellier : 1807-1852
  • Corse : 1820
  • Midi de l'Espagne, Gibraltar et Tanger (Maroc) : 1823-25
  • Bahia (Brésil) : 1827-30

Description des étiquettes d'herbiers

Les étiquettes originales de P. Salzmann, écrites de sa main, sont très rudimentaires quant à l'information donnée mais plutôt homogènes dans leur présentation. Ces étiquettes sont manuscrites et comportent généralement un nom de plante avec éventuellement une référence bibliographique pour les noms déjà publiés, un lieu de récolte et une caractéristique écologique en latin. Quelquefois, une petite description en latin est aussi présente.

Ecriture

La plupart de ses documents manuscrits ayant été détruits à sa mort, il faut se référer à ses étiquettes d'herbier originales.

Hommages

Le genre Salzmannia de la famille des Rubiaceae créé par A.P. De Candolle. et plus de cent espèces lui ont été dédiées dont le fameux pin de Salzmann (Pinus salzmannii Dunal) qui pousse dans le sud de la France, notamment sur les causses.

Références

  • Philipp Salzmann : Ein biographisches Denkmal (1853) Botanische Zeitung, 11 : 4-8, par Röse. en ligne sur BHL.
  • Personalnotizen : Ph. Salzmann (1853) Gartenflora 2(3): 96 (extrait de la biographie de Röse)
  • Notice sur les voyages et les explorations des botanistes qui ont le plus contribué à faire connaître la flore de l'Algérie et celle des deux états voisins Tunis et Maroc (1855-1868) Exploration scientifique de l'Algérie [Vol. II] : page XVIII, lien, par Bory de Saint-Vincent & Durieu de Maisonneuve.
  • Note sur les collections botaniques de la faculté des sciences de Montpellier (1884) Bulletin de la société botanique de France, 31 : 319, par Flahault.
  • Les Herbiers de l'Institut de botanique de Montpellier (1867) Naturalia Monspeliensa, Université de Sciences et Techniques du Languedoc : 18 : 272 & 279 par Granel de Solignac et Bertrand.
  • Enumeration of his herb. coll. in BRNM (2007) Cas. Morav. Mus. Brne, Vedy Prír. Acta Musei Moraviae, Sci. Biol. (Brno) 92 : 229-243 par Sutorý & Schäfer.

Liens

  • Mémoires de la société des sciences naturelles du Maroc. en ligne à Madrid
  • Fontes Florae Maroccanae. en ligne à Madrid
  • Plantae lectae in itinere Hispanico Tingitano. en ligne sur GoogleBooks
  • Notice dans la Flora Brasiliensis de Martius et Eichler (1840-1857). en ligne sur BHL